Mesdames
et Messieurs les membres du Gouvernement,
Mesdames
et Messieurs les membres du Corps constitué,
Excellences,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Distingués
Délégués et invités,
C'est pour moi un grand plaisir et un insigne honneur
de vous souhaiter la bienvenue à Djibouti, au nom du peuple djiboutien,
de son gouvernement et de son Président S.E.M.Ismaël Omar Guelleh, qui
par son engagement personnel pour la cause de la paix à tenu à ce que
Djibouti « Terre d'Echanges et de Rencontres )} accueille la Conférence
des Pays de la Corne de l'Afrique et du Golfe d'Aden sur la question «
lancinante du fléau des mines antipersonnel.
Mesdames et Messieurs
La présence de si nombreux experts des pays de
l'IGAD, du Vemen et d'Oman, et la participation d'éminentes personnalités,
d'organisations gouvernementales et non-gouvernementales ainsi que des
Nations Unies témoignent des gra'Jes préoccupations que suscite cette
question des mines antipersonnel pour nous tous.
C'est une reconnaissance des effets rléfastes de ces
mines, dans la recherche d'une paix durable, la stabiilté politique et du
développement social et économique dans notre partie du monde.
Votre présence, à cette réunion est également (entre
autres), la reconnaissance de la nécessité de rechercher ensemble à développer
une stratégie commune et intégrée en vue d'actions de déminage. de
sensibilisation sur le danger des mines et la mise en place de programmes
d'assistance aux victimes des mines et aux survivants, C'est également le
moyen d'échar1ger nos expériences au niveau de nos régions respectives
mais aussi sur le plan international en vue du bannissement des rTlines
dans le monde entier.
Je souhaite ici, remercier et marquer notre gratitude
à l'égard de l'Institut pour la Recherche et la Formation et à son
directeur exécutrf M.Ahmed H.Esa notre partenaire ainsi qlj'aUX donateurs
quî ont si généreusement contribué à l'organisation de cette conférence.
En effet, le problème des mines antipersonnel est un
grand défi pour nous tous, qui ne peut âtre relevé qu'en formant une
coalition; le Yémen et le Sultanat d'Oman dans la partie nord du Golfe
d'Aden. partagent avec le pays de la Corne de l'Afrique des liens tant
culturels que commerciaux depuis des siècles et le Golfe cons1itue une
route maritime importante en termes de transit et de transfert de biens
avec la majorité des pays de la Corne
Mesdames et Messieurs,
Le problème des mines antipersonnel transcende les
frontières et comme tel aucun d'entre nous, ne peut prétendre être
immunisé contre ce fléau. Selon les Nations-Unies, soixante et onze pays
de par le monde sont pollués, dont tre,'te-trois le sont gravement.
Je voudrais ici, vous citer les remarques judicieuses
d'un représentant délégué du CICIR : la mine peut être décrite comme
un combattant qui ne rate jamais sa cible, qui frappe aveuglément, qui ne
porte pas ies armes ouvertement et qui continue à frapper longtemps après
la fin des hostilité. La mine est le grand vîolateur du droit
international humanitaire; elle exerce un terrorisme inimaginable »).
Notre région de la Corne de l'Afrique et du Golfe
d'Aden qui a connu de nombreux conflits au cours des 4 dernières décennies,
est considérée comme j'une des plus gravement touchées.
Dans des pays comme les nôtres, où les économies
sont fragilisées, en proie à des difficultés de tout ordre; et la
majorité sous la rigueur des programmes d'ajustement structurel du FMI;
la présence de dizaines de milliers de personnes mutilées par des mines
constitue un fardeau économique et social qui devient rapidement
insupportable, non seulement pour les familles, mais aussi pour la
communauté entière, Pour les victimes elles~mêmes, c'est un drame sans
fin.
L'impact
social et économique
Dans le domaine des soins et accès aux services de rééducation
physique des blessés par mine dans les pays pauvres sortant juste d'un
conflit ou en voie de reconstruction comme c'est le cas dans nombre
d'entre nous, les efforts à consentir se révèlent insurmontables et
peuvent même remettre en cause les maigres acquis de la communauté, en détournant
des ressources vitales pour la prévention et la lutte contre des grandes
maladies telles que la polio, la malaria etc... et entrave indirectement
l'amélioration des conditions sanitaires, déjà très éprouvées et
l'accès de la population aux services de soins de santé.
Lorsque l'on sait qu'une prothèse doit être remplacée
tous les 3 ou 5 ans; et que pour un enfarlt de 10 ans, il faudra 25 prothèses
durant sa vie dans ces pays dont le revenu annuel par habitant et par an
ne dépasse guère 100 à 200 dollars, on comprend aisément que les
pouvoirs publics ne puissent pas à eux seuls assurer la charge.
C'est dans des situations semblables, que des
programme réalistes faisant appel alJX développements des capacités
locales et tenant compte de nos spécificités sociales et économiques
pourraient être mises en reuvre en matière de soins de premiers secours
et de rééducatior1 physique. Et, je pense notamment en disant cela aux
programmes du CICR et du Croissant-Rouge déjà très engagés et expérimentés
dans ce domaine, et où leur coopération avec les gouvernements s'avère
indispensable.
En matière d'assistance psychologique en faveur des
victimes, c'est un domaine qui, dans la plupart des pays de la région,
n'est pas disponible pour diverses raisons, et qui tiennent toutes du
manque de ressources. Néanmoins, nous pensons que pour les populations
nomades et les réfugiés qui constituent un grand pourcentage de nos
populations, des programmes spécifiques devraient être mis en place,
pour leur venir en aide et ceci au sein de leur communauté.
Les blessés par mines exigent des opérations
complexes et souvent hors de portée des moyens des pays concernés, et
lorsqu'ils existent, ils exercent d'importantes contraintes sur les
ressources médicales et sur le système de soins, déjà très fragile.
Les apports actuels en formation et en matériel didactique de la
communauté internationale ne suffisent pas à soutenir les sacrifices et
les efforts consentis par les pays concernés. I! faudrait que la
communauté internationale appuie et soutienne ces efforts dès la prise
en charge des patients dans la formation aux premiers secours, au développement
de centres mèdicaux décentralisés. l'environnement médicochirurgical
permettant de faire face à la gravité des blessures et au nombre des
admissions.
Education et sensibilisation
Quant aux programmes d'éducation et de
senslbilisation sur la prévention des accidents dus aux mines. L'expérience
nous démontre que ce sont les populations de l'intérieur et des régions
frontalières qui sont les plus exposées et vivent dans les zones minées,
ainsi que les. nomades dans nos sociétés à dominante agro-pastorale. Et
c'est vers ces populations que l'on devra à l'avenir étendre les
programmes en priorité.
Adhésion de Djibouti à la Convention d'Ottawa
Djibouti a clairement démontré sa volonté de
lutter contre ce fléau en
adhérant dès 1998 à la Convention d'Ottawa et dans
le cadre de la coopération avec la France une section de démineurs à été
formée et cette dernière a été maintenue et étendue par des stages de
rerrlise à niveau E;n 1999 et en 2000. Ces démineurs ont mené à bien
en 1998 et 2000, des actions de déminage dans les régions Nord du pays.
Ils ont sécurisé une bon rie partie des voies de communication du Nord
du pays et en assure une surveillance constante.
Dans le cadre de la coopération avec les Etats-Unis,
un centre de formation au déminage a été créé. Ce centre vise à
instruire le personnel sur toutes les techniques complèmentaires liées
au déminage pour, à terme maîtriser toutes les phases de ce type d'opération.
Cela impliquera la construction d'infrastructures d'instruction et de
soutien ainsi que la mise en place de matériels de détection modernes et
performants. Ce centre aura comme mission principale Je maintien au plus
haut niveau, les capacités techniques des éléments de déminage et
surtout d'accroître Ja formation de certains spécialistes ciblés.
L'objectif est de disposer vers 2003 d'une structure d'environ une
quarantaine d'hommes qualifiés.
Mesdames et Messieurs,
Je me
permettrais avant de conclure mon intervention de vous rappeler que nos
chefs d'Etats au sommet d'Alger avaient pris l'engagement de faire de
l'année 2000, l'année de la paix et de la sécurité. Par le dialogue,
l'élargissement du consensus et une ouvertllre politiql.te dont l'objectîf
prioritaire est la réconciliation de la nation djiboutienne, avec elie-même,
Mon Gouvernement vient de finaliser des accords qui scelleront définitivement
la paix sur l'ensemble du territoire.
En outre, la
République de Djibouti. dans ses efforts pour contribuer au renforcement
de la paix dans le monde, a organisé la Conférence Nationale de la paix
en Somalie qui, comme vous le savez, fort heureusement produit les résultats
escomptés avec la Formation d'une Assemblée Nationale de
Transition
d'un Gouvernement de Transition et l'élection d'un Président.
Dans la
poursuite de notre dessein commun qui est l'arrêt de la prolifération
des armes légères et l'interdiction définitive de l'usage des mines
anti~personnel et leur élîmination totale, la nécessité s'avère impérieuse
de renforcer notre coopération. A cet égard. nous pensons extrêmement
utile la création d'un centre Régional de Recherche et de Formation au
sein duquel l'on puisse élaborer des politiques communes dans le but
d'entreprendre des actions collectives afin de réaliser les objectifs
ci-dessus mentionnés. La République de Djibouti se déclare tout à fait
prête et disposée à initier un plan d'action pour la création d'un tel
centre.
Je vous
souhaite beaucoup de succès dans vos délibérations, et je déclare la
Conférence ouverte
Merci de votre attention.